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Slow Life

D’un coup de baguette magique, les Cosinus fous qui nous gouvernent ont fait disparaître le virus de l’année 2019. Le vendredi, la bestiole était encore repérée un peu partout, dans les parcs, sur les terrasses, sur les plages… Cet être minuscule semblait aimer, si l’on en croit l’analyse des chefs, le grand vent plutôt que les quais de métro souterrains et les wagons fermés.

Grand vent dont il a dû profiter, grâce à son faible poids, pour s’envoler dans une rafale au paradis des virus. Loué soit-il. En une nuit, voici parcs et jardins, plages et routes nationales rendues aux bipèdes asphyxiés. Chacun jette le masque. Quelle merveille que la Science et ses comités savants !

Inutile de vous préciser que je n’ai pas tout compris et ne cherche toujours pas à tout comprendre. Hormis le passage tranquille de nouvelles lois liberticides et les fabuleux renforcements des bases de données hors de contrôle qui vont précisément donner le pouvoir de contrôle total sur nos vies à quelques marionnettistes planqués derrière le décor, je ne vois pas… Les désirs et besoins de ces jongleurs déments dépassent mon entendement.

Les miens sont plus sobres – quoique l’adjectif soit mal choisi pour quelqu’un qui démontre une telle appétence pour les carafes de blanc. La petite bactérie insolente m’a procuré deux mois de  « slow life » pour paraphraser le mouvement Slow Food dont j’ai longtemps été une militante gourmande. C'est si simple quand la vie est dirigée par d'autres. Pourquoi toujours se rebeller ? J'ai finalement adoré ces mois d'immobilisme obligatoire. Non pas que ça ait changé grand chose à mon mode de vie finalement, hormis les bistrots, mais je n'en étais plus responsable. La vie ralentie était justifiée de l'extérieur. Paix intérieure.

Mais non, je ne minimise pas les dégâts  individuels sur des milliards de personnes moins privilégiées que moi. Et j’ai bien compris que le pire reste à venir, socialement et économiquement. C’est vrai. Je voulais juste dire que face aux décisions absconses qu’on nous impose, j’ai cherché, comme le dit Fellag, à « rester vigilant pour s’inventer des parenthèses de liberté ».  A me laisser aller dans le courant de la vie même quand elle parle de mort. Il paraît que c’est la seule manière d’espérer survivre à un naufrage.

La mer est bien là, sous mon balcon. La mienne est grecque, brillante, joyeuse, indifférente à nos affolements, immuable et éternelle. Son ronronnement permanent ponctué d’éclats d’embruns est devenu mon media d’information préféré, loin des écrans et haut-parleurs factices. Même si elle doit, un jour de colère, avaler l’immeuble et les pantins que nous sommes, je dirais oui, sans protester. Tout est juste, et connecté. Le job, c’est de trouver sa place dans le grand Réseau, sans écrans ni masques.

[ photo André L., vendredi 29 mai 2020, les quais de la Seine rendus à des prisonniers démasqués ]

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Commentaires

17.04 | 19:58

J'ai voulu y aller de mon grain de sel, mais 160 caractères pour un commentaire, c'est vraiment pas assez !

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10.04 | 21:34

tout à fait d’accord avec toi faisons ! France for ever

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03.04 | 10:19

Merci de remettre un message en 2020; ça me manquait, car j'ai internet par intermittence.... et cela n'est pas le moment. Amicalement Monique.

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21.03 | 01:48

Sous la colère... la force de vie !

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