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Survivre

Dans ces longues matinées de réflexion que nous offrent les temps confinés, me revient une question que je ne m’étais jamais vraiment posée. En quoi survivre est-il si important ? Et pour certains même primordial au-delà de tout autre objectif ?

Certes, j’ai bien compris que la partie reptilienne de notre cerveau, la plus ancienne, n’avait que ça en tête elle aussi, et qu’elle était entièrement, aveuglément, consacrée à la maintenance du véhicule. D’accord. Mais nous avons aussi deux autres parties plus récentes dans cet organe, non ? Le limbique nous parle d’émotions, de ressentis, d’exploration des sentiments pour une meilleure connaissance du Soi. Et le cortex est supposé nous aider à réfléchir, à comprendre les leçons.  Et dépasser un peu, donc, les seuls mouvements réflexes de la moelle épinière survivaliste.

On reconnaît même désormais le rôle prééminent de cette autre zone neuronale que nous abritons dans l’intestin. Il conviendrait de se nourrir en accord avec nos besoins au sens large, ce qui va du carburant -- les repas quotidiens pour nourrir la machine --, au GPS -- lectures, écoutes, informations, pensées qui influent sur la direction du véhicule. Car pour moi, le corps n’est qu’un véhicule de location pour l’âme. Sa durée de fonctionnement n’a aucune importance. Elle est régie par la durée de la mission et diffère selon les leçons que chacun est venu prendre. La plupart des exercices rencontrés dans la salle de classe qu’est une vie humaine nous proposent d’apurer notre karma pour aider notre âme à rejoindre l’unicité. Mais la leçon peut prendre une, dix, mille vies. Et donc user de dix, mille véhicules. Le corps n’est là qu’en tant qu’outil de travail temporaire. Il est jetable et remplaçable.

Alors à quoi riment tous ces efforts de « transhumanisme », de prolongation de date de péremption, d’acharnement thérapeutique sur des coquilles déjà aux trois-quarts vides ? Dit autrement, pourquoi le reptilien prend-t-il le pouvoir quand s’approche la date de fin, comme celle à laquelle la période nous confronte ? La peur devient seul maître à bord, et deux tiers de notre cerveau se retrouvent plongés dans l’obscurité.

Je peux comprendre la notion de survie quand elle pousse à procréer pour « continuer », engendrer une suite, mais elle me laisse rêveuse quand elle refuse le simple bon sens, la loi naturelle qui dit que les êtres vivants ont une fin. Ce n’est pas le cas dans toutes les populations. Il semble que, de tout temps, les peuples dits « primitifs » aient apprivoisé et accepté cette loi. Mais plus l’homme a accès aux technologies « de pointe », plus il perd de vue le sens de sa présence sur terre, seulement obnubilé par l’envie de la prolonger coûte que coûte…

[ image : dreamstime.com ]

 

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Commentaires

17.04 | 19:58

J'ai voulu y aller de mon grain de sel, mais 160 caractères pour un commentaire, c'est vraiment pas assez !

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10.04 | 21:34

tout à fait d’accord avec toi faisons ! France for ever

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03.04 | 10:19

Merci de remettre un message en 2020; ça me manquait, car j'ai internet par intermittence.... et cela n'est pas le moment. Amicalement Monique.

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21.03 | 01:48

Sous la colère... la force de vie !

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