Comment vous dire ?...

Jeudi Gras

"Tsikno pempti"

28 février cette année. Ou quand le Mardi Gras des catholiques se fait Jeudi Gras orthodoxe. Quand les villages du Magne se mettent à fumer littéralement au grand bonheur des ogres, et que barbecues et rôtissoires envahissent les trottoirs. Dernier jour de liesse pour les amateurs de viande qui voient s’approcher avec plus ou moins d’enthousiasme les quarante jours de maigre. Je dirais même de « très maigre » - le grand Karl et sa chatte en auraient été ravis – puisque les orthodoxes s’imposent un mois et demi de régime à base de calamars et de poulpes, de légumes secs et de pâtes. Ni viande, ni œuf, ni poisson, ni laitages, certains vont même jusqu’à supprimer l’huile (depuis quand l’olive est-elle un produit animal ? Je ne sais pas. Sans doute la loi humaine de l’emmerdement maximum…).

Vous me dites, pourquoi sortir les calamars et les « octapodia » de la liste des interdits ? Parce que n’ayant pas de sang, ils ne sont considérés ni comme de la viande, ni comme du poisson. S’il y en avait, on ferait sans doute griller des méduses. Dans ce domaine, il me revient un souvenir. L’année dernière, un ami a pêché en plongée des holothuries, semble-t-il une rareté locale et un régal de connaisseurs en cette période de choix restreint. Une découverte pour moi. Du moins en termes d’expérience gustative. Enfoncés les pousse-pied au goût déjà si iodé ! Une seule bouchée de ce mollusque déguisé en caillou poilu vaut deux litres de caféine, un rail de cocaïne, une seringue d’adrénaline directement dans les veines, bref ! une surtension immédiate et bouillonnante. J’imagine que l’holothurie est contre-indiquée aux cœurs fragiles…

Avant d’entamer le long Carême, nous allons aussi nous « blanchir » à travers une petite semaine consacrée aux laitages. Je déteste le lait. Ça aussi, ça dit être dicté par la loi de l’emmerdement maximum. Sacrés prêtres ! Pourquoi l’homme a-t-il inventé autant de contraintes pour se punir d’exister ? Pourquoi ne pas se contenter de jouir des cadeaux de la nature, avec équilibre et joie au cœur ? Les grands livres n’avaient pas besoin d’inventer des purgatoires et des enfers post-décès. Nous avons très bien compris comment les créer de notre vivant.

Ou disons que motivés par la peur – de mourir, de manquer, de perdre, etc. – nous ne savons que vivre dans les excès. Excès de consommation et de privations en alternance. Cette humanité atteindra-t-elle l’âge adulte… vous entendez mes doutes.

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Commentaires

29.09 | 08:21

quel plaisir de voir que tu as repris la souris, te répondrai directement bientôt.
Monique

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28.09 | 22:04

et la vie continue ses avancées, sourdes et aveugles aux mouvements chaotique et bruyant de la fourmilière anarchique actuelle qu'est l'humanité....

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28.09 | 22:01

si juste et si bien exprimer, bravo ! ...

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28.09 | 21:58

QUel beau texte, magnifique expression de cette si cruelle et réelle vérité.. une question si simple est posée... ou se trouve donc la continuité de la Vie ?

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