Et encore une !

Hauteville…

Je lis dans mon Paris Match hebdomadaire – oui, je lis Paris Match chaque semaine, avec une semaine de retard certes, mais aucune importance, les sujets traités n’ont pas vraiment d’intérêt, mais j’adore leurs mots croisés, bref ! – je lis donc dans l’hebdo qui pèse en mots et frappe en photos, que la maison de Victor Hugo à Guernesey est en cours de rénovation, grâce à la générosité d’un de nos deux milliardaires mécènes, je ne sais plus lequel, je ne fais pas la différence entre eux, je sais juste qu’ils ont trouvé une bonne combine pour diminuer leurs impôts, mais après tout, leurs réalisations, fiscalement légitimes, sont aussi offertes au public, donc, pourquoi pas. Bref encore !

Le petit article m’a replongée dans les souvenirs de ma visite de la demeure devenue mythique du poète en exil après ses démêlés avec Napoléon le petit. Ça remonte à quelques années déjà et en effet, les signes de décrépitude architecturaux étaient déjà très visibles. Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus frappée. Certes la décoration personnelle de l’auteur est ébouriffante, dantesque, étouffante, multiple, chargée « à donf » comme on dit. On ne sait pas où poser les yeux, sur les meubles démembrés, déformés, reconstitués, repeints et couverts de sentences plus ou moins ésotériques, sur les murs polychromes, les miroirs chantournés, les accumulations de dorures, de porcelaines, les citations peintes, sculptées, gravées un peu partout jusque sur les contremarches des escaliers, tout est vertige dans cette maison. On y pénétrait par un vestibule et par la cuisine, déjà bien kitsch, au rez-de-chaussée, dans une semi-obscurité due au manque d’ouvertures sur l’extérieur. On se sentait comme au fond d’un puits, la lumière venait d’en haut, de la cage d’escalier. Puis le visiteur devait ensuite grimper, grimper, d’étage en étage, pour découvrir le grand salon écarlate, rouge du sol au plafond, encombré de meubles et d’objets disparates, la chambre, à peine plus sage, et monter encore pour rejoindre le belvédère où travaillait le maître. Au fur et à mesure, la lumière augmentait. Je n’ai pu m’empêcher de considérer cette demeure comme une illustration concrète d’un chemin d’initiation, de l’obscurité à la lumière, de l’ignorance à la connaissance, du noir au blanc, à l’illumination. Les sentences déposées un peu partout au fil de la montée aggravait mon ressenti.

Mais malheureusement, pour moi, l’éblouissement qui m’attendait au dernier étage n’était pas porteur de sérénité. Jamais, je crois, je n’ai ressenti une telle violence énergétique négative tapie dans un lieu. Je ne sais pas ce qui faisait l’écrivain devant son pupitre à part écrire, mais il stagne là-haut une atmosphère irrespirable pour tout être un peu réceptif aux courants telluriques. J’ai essayé de faire le tour de la verrière, mais je me suis sentie repoussée, chassée, en danger. Je suis redescendue très rapidement. J’ai respiré dans le jardin…

Je ne sais si la coûteuse rénovation du mécène aura pour résultat de nettoyer les miasmes pernicieux scotchés sous les toits de Hauteville… Suffit-il de repeindre une affiche pour annuler l’effet pervers de son message ? Suffit-il de s’appeler Bayer pour effacer les crimes de Monsanto ? Comment réparer les dégâts profonds créés par les délires de quelques déments à l’ensemble de l’humanité ? Je ne sais…

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...

patrick neveu | Réponse 01.10.2018 16.45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

Monique | Réponse 16.08.2018 09.08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

Voir tous les commentaires

Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

...
13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

...
Vous aimez cette page