Et encore une !

Une histoire vraie (épisode 3)

Un train-train s’installe dans ma vie à Matt India. J’aime cette solitude, le rythme lent du planning de soins, la routine des repas succins (suis curieuse de consulter la balance au retour, voilà déjà quinze jours que je finis difficilement un demi-bol de légumes ou de fruits par repas), les plages de repos obligatoires après les massages, le thé de 5h dans le jardin, un peu chahuté par les assauts de Moskitos, les soirées d’orage annonciatrices de la mousson proche, la lecture de Zola avant l’extinction des feux, les aboiements incessants d’un chien à la chaîne dans un jardin voisin jusqu’au sommeil paisible sous l’air brassé par le ventilateur, ainsi se suivent les jours. (Là, j’ai battu mon record de longueur de phrase !)

Les jours, j’en ai perdu le compte calendaire. Mes nouvelles références sont les séries de traitements divers. Aujourd’hui, dernier des cinq Vasti (lavement du colon à l’huile), troisième des sept bains d’huile chaude, début des cinq Nasyam (nettoyage des sinus), etc. L’enchaînement des traitements est sans heurts. Deux ou trois fois par jour, tous suivis de temps d’assimilation. On est souvent dans la chambre. Certains massages qui vous semblent anodins vous plongent en fait dans un affaissement complet et le corps exige un long temps de récupération, sans lequel je suis personnellement prise de vertiges et de défaillances. Je ne me défends plus, rien à prouver. J’écoute les avertissements et je laisse faire. Bel exercice de non-contrôle.

Quand je regarde mes compagnons, je constate d’ailleurs que les activistes se calment peu à peu. Tous les « Je ne suis pas venue jusqu’en Inde pour n’en rien voir », « C’est trop bête de ne pas connaître les environs », « Tu viens ? On a réservé un taxi, on va faire du shopping en ville », « Vous connaissez ce petit resto au carrefour ? Ils font des currys magnifiques ! », s’espacent, se raréfient, se font moins bravaches. Insidieusement, chacun rentre dans sa coquille. J’entrevois la sérénité de la vie en ashrams.

A part une brunette craquante, vive, qui soigne ici une pathologie lourde mais dans la bonne humeur. Première levée, dernière couchée, la démarche dansante, toujours des écouteurs et de la musique dans les oreilles, elle a conquis toutes les équipes. Les garçons la promènent en moto, ils l’emmènent dans leurs familles, elle joue au foot avec les enfants pieds nus dans la boue, le gardien vient la chercher quand il sort sa pirogue pour aller à la pêche, les masseuses lui apprennent des chansons et des phrases en malayalam qu’elle apprend à toute vitesse, stupéfiante ! Point d’endormissement chez elle, les traitements ont même l’air de lui faire l’effet inverse et de réactiver une vie antérieure indienne en elle. Un petit bonheur à contempler et comme un clin d’œil à un autre avenir possible dans ce monde si ce genre de jeune femme se multiplie.

Pour moi, j’ai complété la carte des constellations que dessinent les piqûres d’insectes sur ma peau par une ceinture de « pricky heat », a dit la Maharani Doctor. Ce que le Harraps qui traîne sur le palier m’a traduit par fièvre miliaire ! Eruption en forme de grains de millet, merci Google. Ne reste plus qu’à trouver une poule pour dévorer tout ça !!!

[ en photo, mes fées : Preetha, Sindhu, Raji et Sibile ]

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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