Et encore une !

Histoire vraie (épisode 2)

Le séjour dans le château de Joy, l’Homme aux doigts de fer, avance. Au fur et à mesure, la débutante que je suis liste les combats à mener. Un qui semble perdu d’avance est celui qui consiste à éloigner quelque peu les armées de Moskito 1er, empereur incontesté de ces airs qu’il a colonisés de longue date. Il faut dire que l’endroit a été bâti sur la lagune qui longe la côte de l’océan Indien et qui, de paradisiaque qu’elle était il y a encore une quarantaine d’années, sous la pression des constructions de plus en plus serrées et l’invasion irrésistible du plastique, est devenue un cloaque puant où pullulent à l’aise les larves qui grossissent chaque jour les armées de Moskito. (Mais qu’est-ce qui me prend de faire des phrases aussi longues… ?) Rien n’y fait, aucune lotion, aucun grillage, aucune diffusion toxique, des bataillons plient mais d’autres prennent rang immédiatement.  Une seule défense possible, les ignorer. Ainsi se multiplient les cloques, les oedèmes, les pustules et les démangeaisons. Rien à faire.

Le deuxième front perdu est celui de la transpiration. Quoi qu’on fasse, l’eau coule, ruisselle, cataracte de tous les pores, ça n’en finit pas. Les vêtements sont à tordre, les cheveux ne savent plus où se cacher, huile, sueur et cataplasmes de boues mélangés restant réfractaires même au quatrième shampooing. Là aussi, la paix est dans l’acceptation. D’ailleurs, pour les locaux, cette sudation fait partie du traitement, elle emporte les toxines avec elle.

Mais les combats ici sont nombreux, et certains insidieux. Personnellement, je ne vois pas le temps passer, sans rien « faire » vraiment, juste suivre les consignes. Pourtant c’est le principal reproche que font les autres résidents (nous sommes quinze en moyenne selon les jours, majorité de Français) : « Il n’y a rien à faire ici. » Non, en effet, si « faire » implique s’agiter, visiter, draguer, se divertir. Pas de bistrots, de ciné, de visites, de soirées, ni même de bar dans la maison. Certains centres voisins interdisent même les conversations à table. Les Indiens pratiquent l’ayurvéda comme un ressourcement holistique, corps et esprit. Les Occidentaux confient leur corps (quoique certains, méfiants, fouillent le web pour savoir ce que contiennent les gélules. J’imagine que les noms de quelques plantes médicinales locales doivent sérieusement éclairer et rassurer leur lanterne…) mais peu mettent leur esprit au repos. Scotchés qu’ils sont à ces satanés écrans qui les suivent de table en lit, de salle de massage en banquette de relaxation. Pas de trêve pour les abonnés des réseaux. On veut savoir ce qu’il se passe ailleurs, dehors. Alors que l’important serait sans doute de savoir déjà ce qui se passe là, à l’intérieur de soi.

Pour moi, 11e jour, je suis déjà subjuguée par la puissance de ces « herbes et racines », malaxées par ces mains et pieds habiles. Le bourreau est revenu trois fois sur mon dos en l’espace de onze jours pendant lesquels ma petite équipe de praticiennes me piétinait joyeusement selon ses directives. Les points qui m’ont fait hurler de désespoir au début passent désormais en détournant à peine la tête. Tout s’articule mieux, fluidifié, assoupli. Aucune comparaison.

Un soin du moment (ça change tout le temps) consiste, « juste », à se faire arroser des pieds à la tête d’une eau chaude où macèrent des plantes. Au bout de quarante minutes de cette douche douce, il m’est impossible de tenir debout. Comme si mon corps avait été vidé de l’intérieur. Vingt minutes dans un fauteuil avant de passer à la douche, esprit vacant et front transpirant. De l’eau et des herbes sur la peau, « seulement » ? Mon œil !

Il semble que la seconde partie du traitement soit plus consacrée aux organes internes. J’ai confiance. Nous ne sommes qu’à mi-chemin mais nous allons gagner une guerre.

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Xtine | Réponse 04.05.2018 16.49

C'est pire que la "gale" ces saloperies de moustiques !!!!

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Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

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13.06 | 17:25

eh be......

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