Et encore une !

Histoire vraie (épisode 1)

Il était une fois une fille, déjà pourvue de presque sept décennies d’âge et d’expériences en tous genres, qui partit l’esprit tranquille se confier aux mains obligatoirement savantes des praticiens du pluri millénaire ayurvéda hindou, cette science écologique que pratiquent les Indiens avec succès depuis la nuit des temps. (Un peu longue cette intro peut-être ?)

Arrivée sur les lieux d’origine de la technique, chez les Tamouls du Kérala, elle commença par s’amuser de la non-sophistication quasi insolente de l’établissement et de son fonctionnement. Bâtiments léprés par les moussons successives, installations électriques datant au moins du Mahatma Gandy, administration centrale gérée à la gomme et au crayon, propreté et confort très relatifs (ou très indiens) des chambres, tel fut son premier regard. Elle s’en amusa, toujours tranquille.

Une maharani en sari, souriante et distinguée, lui prit le poignet pour écouter son pouls, regarda ses ongles, ses iris, posa dix questions, guère plus, prit sa tension à l’aide d’un vieil appareil à poire, et détermina de ce peu (apparent) une cascade de 43 traitements à répartir sur les trois semaines du séjour, avec 24 pilules, gélules, comprimés, sirops et poudres à avaler chaque jour. Ouf !

A peine descendue de l’avion, le premier jour de soins fut sans problème. Massage à quatre mains, shampoing à l’huile, tout bien. Changement de rythme le lendemain. Massage à quatre talons et douleurs que dans un premier temps elle a jugé insupportables – si elle avait su ! Moulue, percluse et de plus affligée d’une diarrhée programmée (mais ça elle l’ignorait), de 14 à 16 et de 24 à 2 heures, donc sans sieste ni sommeil, elle eut l’idée saugrenue d’en toucher deux mots à ses très charmantes masseuses. Grand mal lui en a pris.

Le grand chef convoqué est venu en personne « débloquer » la situation. Et là, douleur sans égale. Des nœuds de quarante ans en pleine résistance, des tendons verrouillés, des os du bassin depuis longtemps réorganisés à leur propre manière, des cervicales n’ayant pas regardé en arrière depuis l’enfance, tout cela trituré, malaxé, tiré, disjoncté par des doigts marteaux-piqueurs, insouciants des pleurs, sourds aux prières, imperturbables et presque gentiment moqueurs. La fin du monde lui a semblé proche. Comme lui dit un compagnon de misère au déjeuner (bouillon et lentilles) : « On est loin des caresses de nos ostéopathes. Mais tu verras, dans quelques jours tu en riras. » Admettons.

J’en suis au jour 6. Mon bourreau revient tous les deux jours et pousse ses manipulations un peu plus loin à chaque fois mais, il est vrai, de moins en moins longtemps. Les filles m’essuient les yeux et me récompensent de tamponnades aux herbes chaudes. Elles sont toutes adorables. La grande dame « Doctor » m’a supprimé de la liste la pilule fautive de mes désordres intestinaux (« Quelques jours, et on reprendra, mais une au lieu de deux fois », oh, ça change tout !) et je viens de passer ma première nuit, cette fois vraiment tranquille, depuis l’arrivée. Il en reste seize.

Pour le moment, c’est l’heure de rejoindre le tapis de torture. A suivre.

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Xtine | Réponse 30.04.2018 18.05

eh be.......

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

...
13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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