Et encore une !

Lundi pur

Le Kathara Deftera des orthodoxes n’a pas, que je sache –mais je ne suis pas une grande spécialiste -, d’équivalent chez les cathos. Il y a dix jours, nous avons respiré les fumées du « jeudi grillé », une débauche de viandes sur BBQ partout dans les rues, le top de départ du long tunnel d’obligations qui nous mènera jusqu’à Pâques. Du dimanche qui a suivi jusqu’à hier, nous n’étions plus censés manger que des fromages, yaourts, féta… et salades cuites. Une horreur pour moi qui ai toujours détesté le lait. (Bien entendu, je ne suis rien de tout ça. Je respecte si je suis invitée, pas plus.)

Aujourd’hui lundi, ruée sur la pureté ! A savoir sur tout ce qui ne contient pas de sang. Ah ! la longue tradition masculine du sang impur… Il y aurait tant à en dire… Aujourd’hui, c’est fête, et férié. Les terrasses sont pleines de famille, d’ouzo, de tsipouro, de poulpes, de calamars et de tarama. Premier jour festif d’un long carême, qu’on devrait plutôt appeler calvaire selon moi, de quarante jours sans viande, sans poisson, sans lait, sans œufs, et même sans – mais là il faudra m’expliquer – sans huile ! Depuis quand l’huile est-elle un produit animal ? Et depuis quand également ces pauvres mollusques qui n’ont que le tort de ne pas saigner rouge sont-ils devenus des légumes ?... Les chemins de l’emmerdement religieux maximum restent pour moi impénétrables.

Mais l’essentiel pour les Grecs reste de pouvoir vivre ensemble. Ils vont jusqu’au bout de leurs possibles. Ce matin, les enfants courent à gauche et à droite, certains portent encore les traces des maquillages et costumes du carnaval de samedi. Les parents se sont regroupés pour partager les frais du déjeuner. Une ou deux tavernes ont fait l’effort de quelques musiciens. On est très loin de l’ambiance des films de Dassin qui m’ont tant fait rêver. La musique a quasiment disparu de l’environnement local, trop cher ou trop décalé. Personnellement je l’ai vue, entendue, s’éloigner en deux ou trois ans. En même temps que la joie de vivre, même difficilement, qui me semblait la caractéristique fondamentale de ce pays. Sauf énorme surprise, les commanditaires des Schaüble et autres Draghi vont peut-être réussir le premier génocide 2.0.

Et c’est peut-être ma leçon en ce lundi « pur » 2018. Restons vivants ! Je pourrais faire mienne la fière déclaration du Spartiate Léonidas aux Perses, « Molón lavé ! », « Venez les prendre ! » sous-entendu, « si vous le pouvez ! » Lui parlait de ses armes, moi j’ai envie d’entendre : « Vous n’aurez pas notre liberté d’être… » Et je croise les doigts.

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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