Et encore une !

La drôle de vie de « Petite Bergère »

Elles sont revenues, elles sont toutes là, elles ont envahi les routes de Laconie un peu avant Noël et il devient presque difficile de les éviter au volant. Fières et décidées, elles arpentent le bitume d’un pas martial. Avec une démarche mécanique et cadencée, tels de petits robots gris et noirs dotés à l’arrière d’un balancier en perpétuel mouvement d’équilibrage, les bergeronnettes vont d’un talus à l’autre à toute allure, pédestrement, sans jamais faire mine de s’envoler.  Tout juste pressent-elles le pas si une voiture arrive un peu vite. Comment ne voit-on pas leurs cadavres aplatis partout sur le goudron, mystère de la vie…

Ces oiseaux familiers ne font même pas semblant de savoir voler. Ils marchent, ils courent sans quitter le sol d’une plante de patte. On dirait Yohann Diniz aux Jeux Olympiques, en plus menu, et en moins transpirant. Personnellement, je suis heureuse de les voir. Elles annoncent clairement le printemps par ici. La plupart d’entre elles sont migratrices, et les autres se font discrètes quand elles restent sur place l’hiver. En revoir au travers des routes signifie que les voyageuses africaines sont de retour. Chouette. Justement, commencent à éclore sur ces mêmes talus où elles nichent les premiers bourgeons dorés de fleurs d’ajoncs. La colline va bientôt revêtir son manteau jaune avec ses boutons d’anémones rouges. Re chouette !

La bergeronnette doit son nom au fait qu’elle aime la compagnie des hommes, et surtout des éleveurs. Elle traîne derrière les troupeaux et leurs cohortes d’insectes de toutes les couleurs qu’elle dévore avec appétit. Et en effet, les troupeaux qu’on ne voit pas sur la côte l’été sont bien ici en hivernage. Eux aussi traversent les routes, d’une parcelle d’épineux à l’autre, en se languissant sans doute de l’herbe plus tendre des alpages du Taygète. Leurs bergers les poussent mollement de cabanes en abris de planches, en empruntant le plus souvent les routes. Un ami grec à moi ne peut se résoudre à freiner quand il les voit, toujours trop tard. Vache ou brebis, tout lui est bon. Moins bon pour sa voiture qui fréquente beaucoup les carrossiers en hiver. A sa décharge, c’est un citadin de la grande ville. Il ne comprend pas ce que font tous ces animaux sur sa route. A Athènes, il n’y a que les sdf qui campent sur la rue…

D’alpage en estuaire, d’Afrique en Europe, de ville en campagne, d’hiver au printemps, de droite à gauche et vice versa, la bergeronnette est peut-être pour moi un signe de passage, temps et espace abolis. D’où ma tendresse pour elle. Et ses drôles de hochements de queue permanents, comme si elle se posait sans arrêt une question absolument sans réponse. Mais qu’elle continue à chercher… comme moi.

 

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Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

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13.06 | 17:25

eh be......

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