Ça va très vite, non ?!

Entendre le vent…

Le vent fripon de Brassens, le vent polymorphe de Juliette, le vent courtisan d’Anne Sylvestre, Eole souffle ses divins zéphyrs sur la Laconie printanière.

Pervers, il alterne les calmes et les bourrasques et trompe ma vigilance.

Violent, il couche mes pots de fleurs trop légers d’être désormais pétris de plastique faussement terreux.

Taquin, il relève les tuniques légères qui cachent mal mes fesses d’étrangère impudique et m’oblige à rentrer précipitamment enfiler le legging politiquement protecteur.

Délicieux, il rafraîchit mes bras rassasiés de soleil et en maquille la brûlure.

Local et changeant, il perturbe mes amis pêcheurs et accentue leur désorientation devant la raréfaction de la faune nourricière.

Sournois, il fait éternuer les grands-mères et confisque les ballons des petits-enfants.

Eternel, il soutient le ballet des hirondelles qui se hâtent de bâtir sur les solives pour perpétuer l’existence de l’espèce.

Esthète, il ébouriffe les casques crêpés-laqués des bourges à la splendeur passée et fait voltiger les longues crinières blondes des jeunesses à peine libérées.

Poète, il me murmure des secrets, inavouables à voix haute, me raconte la vie de mondes interlopes, hante mes nuits de cauchemars aux bandes-son improbables, fait gronder les vers d’Homère dans l’écume vineuse qu’il soulève de loin en loin…

Le vent est mon compagnon de vie à la grecque, mon prof de philosophie, mon ami de passage, mon ennemi préféré, celui qu’on n'aime jamais autant que lorsqu’il s’en va… avec promesse de retour bien entendu.

Lorsque je me sens las de jouer avec les vagues, 
Les roseaux de Camargue ou les fumées de Prague 
Il m´arrive parfois, du haut de mon royaume, 
De compter tous les noms que m´ont donnés les hommes 
Sirocco par ici, Tramontane à côté 
Zéphyr un peu plus loin et ailleurs Alizé 
Simoun ou bien Mistral, Aquilon ou Blizzard 
Autant de patronymes exotiques et bizarres 
Étranges inventions d´esprits à ras de terre 
Comme s´il y avait des frontières dans l´air 
Non, je n´ai pas de frère et c´est moi et moi seul, 
Des Rocheuses à l´Oural, qui souffle à fendre gueule 

On me dit Bise ou vent d´Autan 
On me divise en vingt, en cent 
Mais c´est en vain qu´on jase autant 
Je suis le même, ouest ou levant 

Juliette, La ballade d’Eole

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Marianik | Réponse 20.05.2017 11.33

c'est toujours un plaisir de te lire Aline , continue , j'adore ... Amitié et à très bientot

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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