Sous l'œil de Zeus

Oui, les hirondelles font le printemps

Un grand jour que ce 20 mars. A 6.30 ce matin (heure grecque), le temps, qui n’est qu’illusion comme chacun sait, a basculé vers la moitié claire de notre calendrier humain. Désormais la lumière et les bienfaits d’Apollon seront un peu plus généreux chaque jour. Et ô combien les bienvenus pour moi (et d’autres) après ces longues semaines de trouble, de colère rentrée et d’impuissance. Je le reconnais, la force obscure a failli m’avoir. Plus question ! Les choses, dramatiques ou drolatiques, sont comme elles doivent être, des supports d’apprentissage et d’évolution. J’en re-prends bonne note.

Il fait beau. Un restaurant de plage, à 2km de Gythio, vient de rouvrir pour la saison. Quelques tables sous les vieux tamaris, les racines dans le sable, deux cabines de bain colorées, un mirador pour maître-nageur encore absent, des géraniums fraîchement taillés, une carte encore limitée pour les premiers consommateurs – je suis seule, trop de vent et de vagues pour les Grecs – et le même jeune serveur que l’année dernière qui m’accueille avec un sourire complice dont je lui suis reconnaissante. Je fais peu à peu partie de son paysage et j’aime ça.

A mon tour de saluer des revenantes, quittées en juin de l’année dernière. Leurs nids de boue et de paille solidifiées de salive les ont attendues tout l’hiver sur les solives des fermes de la salle couverte, encore limitée par des bâches de plastique suffisamment disjointes pour leur laisser tout loisir d’aller et venir entre l’intérieur et les arbres de la plage. Déjà deux couples ont réinvesti leur résidence printanière. Ça bruisse d’ailes, ça consolide le nid, ça reprend des repères dans les environs, ça strie le plafond de zigzags graphiques, peut-être même s’entraînent-ils avant le très prochain vol nuptial…

Ce sont des hirondelles de cheminée, gorge rouge brique, ventre blanc, tête et ailes bleues noires, queue fendue. Magnifiques. Un mâle se perche à un mètre au-dessus de ma table, intéressé peut-être par la panière. Et repart déçu, je bouge trop à son goût pour tenter un atterrissage. Il reviendra avant que le serveur desserve.

Ces oiseaux, fidèles, aux lieux, à leur compagnon, aux lois de leur génétique, sont de parfaits supports à ma réflexion du jour, ce premier de la sphère printanière, cette fameuse « promesse de renouveau » des poètes, qui n’est en fait que l’acceptation de cycles archaïques et incontournables. Leur résister n’est que source de souffrance stérile.

La stérilité ne semble pas faire partie de la vie des hirondelles. Dans un mois, le restaurant sera envahi de piaillements tombés du plafond, de la bonne douzaine de nids annuellement féconds et bientôt regarnis. Suivis des essors enfantins, timides dans un premier temps, bientôt exubérants, et déjà soumis aux lois de la Vie et de ses cycles.

Vive le printemps. Qui en grec veut dire « ouverture ».

 

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Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

...
13.06 | 17:25

eh be......

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