Sous l'œil de Zeus

Vous avez dit Humanité ?

Je suis affolée, hallucinée comme disent les jeunes, sidérée, dégoûtée, honteuse, désespérée, et… que madame de Sévigné me vienne en aide, il doit y avoir des dizaines de vocables supplémentaires pour simplement tenter d’exprimer ce que je ressens. Mais malheureusement, en ce XXIe siècle pourtant si éloigné de la naissance d’une humanité en devenir, je ne saisis pas de prime abord où en est le devenir, si tant est qu’évolution soit synonyme de grandissement d’ailleurs.

Bien sûr, je suis [en Grèce, en mars 2016] aux premières loges d’une catastrophe humanitaire programmée par des intérêts égocentrés, nationalistes et en finale criminels. Mais j’imagine que je ressentirai les mêmes sensations et sentiments recensés plus haut si je posai mon sac en ex-Arabie heureuse, en Afrique des grands lacs, en Corée, en Syrie ou même en banlieue parisienne.

Les intérêts déshumanisés des marionnettes qui nous servent de dirigeants, elles-mêmes manipulées par les intérêts de puissances moins visibles, ont tant reculé les frontières du bon sens que les mots me manquent.

Où allons-nous ? Ces absurdités qui tuent chaque jour des milliers de gens ne servent-elles qu’à favoriser l’émergence de niches autarciques qui seront les ovules d’une prochaine humanité, quand celle d’aujourd’hui aura été éradiquée par ses propres soins ? Laissez-moi l’espérer, dans mes jours de déprime, ou mieux le souhaiter, quand je vire à l’optimisme.

Les Grecs font leur maximum, selon les courts moyens qu’on leur a laissés. Il y a des bénévoles sur toutes les îles pour repêcher les migrants, entre 3 et 5000 qui arrivent chaque jour dans le détroit qui les sépare de la Turquie, détroit que l’Europe, lors de sa création, s’est bien gardée de définir et de sécuriser en tant que frontière face au monde oriental. Les aides, les camps, les toiles, les sourires sont là (comme à Calais ?) mais ces gens venus à leurs corps défendant de l’Est ne se veulent qu’en transit vers l’Ouest. Or tout est fermé devant eux, barrières, barbelés, gaz lacrymogènes, « personne ne veut de nous.  Chez nous, les bombes internationales ont détruit nos villes et nos vies, tués nos amis et nos familles. A l’ouest, les flics nous attendent et nous parquent dans des no-man lands insalubres…  Et donc ? Et alors ? Qui sommes-nous ? Quel devenir ? »…

J'aimerais bien vous écrire des trucs plus rigolos, plus poétiques, plus exotiques, plus... humains quoi ! C'est difficile ici et en ce moment. Ça reviendra, patience !

[Photo rfi.fr]

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

...
23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

...
13.06 | 17:25

eh be......

...
Vous aimez cette page