Sous l'œil de Zeus

Colère

Je me tais depuis quelque temps de peur d’être grossière. Je fulmine mais je n’ai pas de mots pour ex-primer.

On pourrait résumer le chaos grec actuel par Vae Victis, malheur aux vaincus ! Malheur doublé à mes yeux par le silence intersidéral qui l’entoure. Triplé peut-être par les accusations récurrentes des Européens de l’ouest devant la perméabilité d’une frontière virtuelle que franchissent chaque jour à la nage des corps bien réels. Mais quel père fondateur a, jadis, pensé à encadrer ce fameux espace de libéralité économique de postes-barrières à l’ancienne ? Comment exiger des Grecs déjà incapables de soigner leurs enfants de prendre soin en supplément de milliers de migrants désespérés ? Ce qu’ils font d’ailleurs du mieux de leurs possibilités !

Depuis huit jours, le pays est paralysé par intermittence. La « troïka » a imposé de nouvelles réductions de salaires et pensions, assorties de quelques augmentations de taxes et prestations de base, transports, farine, énergie… Nous sommes au-delà du bon sens.  Des milliers de paysans bloquent les autoroutes avec leurs tracteurs, ils n’ont plus rien à perdre. Zorba et ses descendants crétois campent, littéralement, sous tentes, au centre d’Athènes, « Rendez-nous notre dignité ! »

Le gouvernement a les ailes châtrées. Il n’a pas de droit de réponse. Bruxelles campe, lui, sur ses positions. « Allez, encore un cran de ceinture, de toute façon, nous ne vous donnons pas le choix ! » Les Grecs n’ont surtout plus de hanches où accrocher la ceinture. Le vide stomacal est fait. Le bide de Moscovici enfle tous les jours. Merkel se masculinise et Schaüble s’aigrit un peu plus si possible. Seule dame Lagarde garde la ligne grâce au sport, « Je dois être réélue, n’est-ce pas ? ».

J’ai honte. Les îliens qui font face à l’afflux quotidien de milliers de bombardés (avec quelles armes au fait ?) syriens (et autres) sont des héros, des humains, comme certains Calaisiens. La simple notion d’appartenance à l’Humanité a déserté les cerveaux et les cœurs atrophiés de nos dirigeants. Les réactions individuelles m’empêchent de sombrer dans la désespérance.

Et puis bien sûr, que sais-je des vrais enjeux des États ?! Qui suis-je pour penser avoir quelque influence sur le cours d’une évolution inéluctable vers l’in-humanité ?! Na sou pô ! Je vais vous dire, comme disent les Grecs à tout propos. Je  ne peux rien faire d’autre – ici, où je me retrouve en ma presque fin de vie après moult expériences – que vivre. Ecouter, encourager, oublier le verbe faire, rester dans le ressenti, dans l’ouverture sans jugement. Incontestablement, si j’étais de cette jeune génération, je serais à Lesbos, à Lampedusa, à Calais, je hurlerais aux portes des ministères et assemblées – ben oui, j’ai eu 18 ans en 1968, ça laisse des traces – mais l’âge est passé par là et parfois, je m’en veux. Et puis…

Je vous écris aujourd’hui à l’ombre d’un bananier géant, encadré d’orangers. La terrasse de pierre est surchauffée de soleil (un 17 février) et les calebasses qui y sèchent depuis octobre seront bientôt à point pour leur future reconversion en maracas, d'ailleurs il y aura musique en live ce samedi sur cette même terrasse. Par-dessus le champ d’oliviers, la mer tente de se démarquer du ciel par un horizon virtuel. L’air et le vin sont légers. Gaïa est douce à ses adorateurs. Peut-être devrais-je simplement prendre en pitié ces femmes et ces hommes qui ne connaissent que bureaux aseptisés, voitures de fonction insonorisées et chambres d’hôtels dépersonnalisées. Peut-être… Chacun son chemin. Je vais poursuivre sur le mien, en silence pour le moment.

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...

Mie-Aude | Réponse 22.02.2016 01.07

Oui. Que faire?

Voir tous les commentaires

Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

...
23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

...
13.06 | 17:25

eh be......

...
Vous aimez cette page