Sous l'œil de Zeus

J’ai honte !

Vous vous souvenez ? Depuis notre XVIIIe siècle, des chefs de gouvernements « éclairés », soutenus par des compagnies commerciales peu motivées par l’éthique, ont pris l’habitude, et la certitude, de gérer « pour leur bien » des peuples jugés sous-développés par des élites que la vergogne n’a jamais étouffées.

Colonies françaises, allemandes, portugaises, Commonwealth britannique, comptoirs imposés et ports décrétés francs pour les bateaux occidentaux, guerres du thé, de l’opium, créées de toutes pièces, pillages de patrimoine archéologique, de richesses minérales, destruction de cultes ancestraux au nom d’un seul dieu respectable, éradications d’ethnies empêcheuses de pâturer et de s’enrichir en rond sur leur dos… les exemples sont légion et malheureusement toujours actuels. Peut-être même de plus en plus forts parce que plus hypocrites.

Vous surprendrai-je si je vous dis que je ne vois pas de différence entre les exactions européennes sur l’Afrique et l’Asie du XIXe siècle, et l’incroyable scénario du film d’horreur imposé, dans la plus grande indifférence, par la « troïka » occidentale au peuple grec en ce XXIe siècle déjà bien entamé ? Un énième moratoire va à nouveau amputer les salaires et pensions, déjà réduits de moitié en quelques années. Un Tsipras réduit à merci – qui a toutefois bien compris comment garder son fauteuil en reniant ses promesses… ça vous rappelle quelque chose ?... – avale couleuvres sur anacondas, et accepte même une austérité pire que ses prédécesseurs abhorrés par la population, celle-là même qui l’a porté au pouvoir.

Aujourd’hui aucune décision ne peut désormais être prise par la Vouli (le parlement grec) sans la vérification et la signature préalable des créanciers. Ces derniers par contre imposent chaque jour, sans discussion possible, des diktats comminatoires, comme l’augmentation régulière du coût des services publics, la suppression de libertés de commerce, l’accroissement constant des prélèvements fiscaux, la vente forcée des ports (devenu hubs privés des importations chinoises), des aéroports (à peu près tous rachetés à présent par des compagnies allemandes) et des espaces touristiques, la seule ressource évidente de ce pays qui va donc tomber dans les filets serrés de structures internationales qui importent déjà leurs cadres au détriment des diplômés locaux et paient bien sûr leurs impôts à l’étranger.

Lors du référendum en début d’été, les Grecs ont refusé en masse ces décisions. Mais qui s’en soucie ? Seulement onze millions de personnes vivent ici. C’est-à-dire moins que rien. De la main d’œuvre facile et sous-payée pour les Allemands vieillissants, des enfants irresponsables, même pas capables d’entretenir leur Parthénon, pour les Anglais, des tricheurs éhontés pour les ministres des finances du Conseil européen, des serveurs à toute heure et des joueurs de bouzouki corvéables à merci la nuit pour les Français toujours contents de faire la fête à prix réduit, des mômes quoi, qu’on peut dresser et redresser au gré des besoins des financiers. Surtout, que les banquiers soient contents !!!

Qu’importe que meurent des nourrissons que plus aucune mère ne peut mener chez le pédiatre. Qu’importe que la moitié des Grecs soient édentés faute de soins. Qu’importe que les véhicules soient des cercueils roulants faute d’entretien. De toute manière, chacun finira poussière, n’est-ce pas ?! Qu’importe que ce peuple qui donnait lui aussi des leçons au monde, il y a tout de même 2700 ans, soit humilié, infantilisé, esclavagisé, exterminé (et je mesure mes mots) si la finance mondiale y trouve son compte, au sens sale du mot !

Et je passe sous silence, j’y reviendrai peut-être, son insupportable situation actuelle de seul rempart, avec l’Italie, face aux flots quotidiens de réfugiés moyen-orientaux (3000 par jour en ce moment, pouvez-vous imaginer cela physiquement ?) que tous nos gouvernements bien-pensants leur reprochent de ne pas savoir contenir et entretenir, tout en leur retirant les moyens de se nourrir déjà eux-mêmes…

Que vous dire ? J’oscille entre honte et impuissance. Mais c’est souvent la honte qui l’emporte. Parce que je sais faire partie d’une humanité criminelle et que je n’y peux rien, ou que je crois ne rien y pouvoir. Funeste !?

Funeste : « Qui porte malheur et désolation avec soi.

 [… qui signifie proprement souillé par la mort. ] » Littré

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

...
13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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