Sous l'œil de Zeus

Petit poêle deviendra grand

Ayant constaté lors d’un précédent séjour l’imparfaite isolation  de mon studio originellement destiné à des locations touristiques estivales, couplée à la faible puissance de la clim réversible censée réchauffer l’atmosphère en janvier, un ami frileux m’a fait cadeau cet été d’un petit poêle à pétrole. L’engin est resté dans la voiture jusqu’à il y a peu compte tenu des températures printanières qui ont régné ici jusqu’après les fêtes. Changement de tonalité climatique il y a quelques jours.

Je me suis donc précipitée sur cette nouvelle source de chaleur possible. Mais je suis une handicapée manuelle. Rien de ce qui est mécanique ne m’est familier. Mon cerveau tourne à vide dès qu’on lui parle chiffres ou technique. Sans doute une malédiction jetée dans mon berceau à la naissance…

Hier, j’ai donc descendu la bestiole au bistrot de Iota. Elias l’a posé sur une table et un cercle s’est aussitôt formé. Chacun donnait son avis avec volubilité, la plupart de ces commentaires me passant largement au-dessus de la tête. Devant le vide de mes réponses, les hommes ont vite compris que je ne leur serai d’aucune utilité. Ils ont pris mon sort en mains.

Avec son bras cassé en bandoulière, Mitsos a enfourché son vélo. Nikos et Elias ont désossé la bête pour vérifier que tout fonctionnait à l’intérieur. Giorgos m’a amenée dans l’immeuble voisin et m’a fait la démonstration de son propre poêle, un monstre comparé à ma miniature, mais j’ai apprécié l’effort pédagogique. Sans avoir compris grand-chose de plus cependant. Mitsos est revenu bientôt avec un bidon de pétrole pour lampe. La moitié de l’assistance s’est exclamée que ce « kérosène » ne ferait jamais l’affaire. Ceux-là tenaient à faire un aller-retour à la station-service pour en rapporter un bidon de fuel rose. Au grand dam de l’autre moitié !

Iannis a alors sorti un entonnoir de je ne sais où et a dit : « On essaie avec ça ! » Sa femme, patronne de l’établissement, a exigé fermement que l’essai soit effectué à l’extérieur. Acteurs et spectateurs, dont j’étais toujours, sont sortis dans la ruelle. Remplissage, allumage, vérification, contemplation… Ça marchait. Le poêle allumé a été réintégré à l’intérieur du bar. On l’a posé devant l’ancêtre qui passe sa journée collé à la table de jeu qui jouxte la cheminée, non allumée ce matin-là. Il a semblé apprécier. J’ai offert une tournée à mes « ouvriers ». Et un gentil d’entre eux m’a escortée jusqu’à l’appartement en portant poêle et bidon.

Depuis j’ai chaud, au corps et au cœur, comme souvent ici. D’ailleurs ce matin, le dieu soleil, sans doute touché par nos efforts, inonde le Magne de rayons calorifiques.

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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