Rebonjour la Grèce

Elasticité

Dernière semaine sur les quais. Je touche, je respire, je ressens toute la justesse de la relativité chère à Einstein. Ce temps qui me semblait passer tel le souffle d’Eole lors d’un clignement de paupières, s’étire cette fois en une folle longueur. Les soirées fusent, les au-revoir se multiplient, les nuits se densifient, et pourtant le mardi qui doit me voir à bord du ferry ne se rapproche pas pour autant. Curieuse sensation de ralenti après huit mois (me semble-t-il) de course effrénée des Heures et des Grâces. Ces six déesses, filles de Zeus (quelqu’un a-t-il déjà tenté de totaliser le nombre d’enfants de ce dieu fornicateur) et responsables de nos chemins de vie, se sont ingéniées, automne, hiver et printemps, à détruire mon ancienne relation au temps. On dirait bien que je prends cette fois ma dernière leçon d’élasticité avant de « rebooter » mon ordi intérieur sur les rigidités françaises. Finis les déjeuners en milieu d’après-midi, les dîners après minuit, les journées de traîne et les nuits en pointillés. Retour aux horaires syndiqués, aux cuisines fermées après 13 ou 20h30, aux serveurs malgracieux et aux tarifs exorbitants.

Depuis huit jours, tout le monde ici me demande si et quand je reviens. S’ils pouvaient lire ce blog, ils auraient une réponse évidente : le plus tôt possible ! dans le respect des projets cachés des Heures et des Grâces, bien sûr.

J’ai même plus ou moins prévu d’acheter une nouvelle valise pour transporter mon loyer de l’automne à venir en liasses de drachmes dévaluées. Car j’ai l’insidieuse sensation, de plus en plus prégnante, que Madame Lagarde et ses copains banquiers font tout ce qu’ils peuvent pour virer la Grèce de la zone euro sans toutefois avoir l’honnêteté de le dire et de le faire eux-mêmes. Plus lâche de pousser un Tsipras exaspéré à le faire malheureusement pour tenter de respecter les promesses faites à ses électeurs et le rendre ainsi seul responsable de la première sortie européenne. Mais qui serait suivie par combien d’autres…

Par combien de populations affamées, asphyxiées et précarisées par quelques bureaucrates dotés de limousines et duplex de fonction. Un Grec sur quatre vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Qui dit mieux en Europe ? Ces comptables arrogants devront être jugés un jour pour non-assistance à peuple en danger, au minimum. Mais pour eux aussi, tout est relatif et élastique, surtout la morale. Restons abstraits.

[ merci Salvador... ]

 

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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