Rebonjour la Grèce

Démocratie étymologique

Ils sont cinq autour de la table centrale du bistrot, désert par ailleurs. Cafés, ouzos, tsipouros et verres d’eau s’alignent devant eux entre les petites assiettes de mézés à grignoter. Les kovoloïs cliquètent gentiment entre deux échanges. La télévision déroule à l’infini les analyses politiques dont elle a le secret. Et depuis hier, elle a du grain à moudre à tirer le portrait des membres du nouveau gouvernement du décidément très jeune (41 ans) Tsipras.

Mes cinq papys ont chacun au moins le double de l’âge du Premier ministre. Ça leur donne de quoi causer. Très tranquillement. J’ai bien peur qu’ils en aient déjà tant vu depuis leur enfance, entre guerre, occupation et colonels, que plus grand-chose ne les fasse vibrer d’espoir. Reste l’amitié. La même casquette de cuir coiffe leurs cheveux blancs un peu clairsemés. Un pantalon gris, un vieux blouson sur des chemises à carreaux, le dentier apparent et les voilà tous frères sur l’image. Chacun leur tour, ils partagent une histoire, un commentaire, un potin ou une bonne blague, et recommandent une tournée de mézés.

Au fil des verres, les voix montent un peu en puissance. Finalement, peut-être n’ont-ils pas tous voté du même côté. Mais rien d’agressif autour de la table. On s’explique. On secoue le chapelet de pierres colorées un peu plus vite et on se retourne vers l’écran quand les leaders du parti nazi font leur fière annonce : « Nous sommes aujourd’hui le troisième parti de Grèce… » Et oui…

Où va la Grèce, je ne sais pas. Mais j’admire le dernier week-end de mes nouveaux voisins. Sans heurt, sans excès de joie ni de haine (à part la très laide réaction de l’ex Premier ministre Samaras renvoyé dans ses buts), ils ont expliqué au monde que même écrasés, ils restaient vivants, multiples et « démocrates » pour de bon. Le pouvoir reste au peuple, quelle que soit l’opinion du dit peuple. Jusqu’aux dérives. Reconnues à défaut d’être acceptées. Comme toute cellule, saine ou perverse (mais qui décide de quoi ?), participant nécessairement à l’équilibre du corps social.

Et tant que toutes ces voix pourront se faire entendre dans le débat, quitte à bousculer la dualité établie par la « norme », nos sociétés évolueront. Pour aller vers quoi, je n’en ai toujours aucune idée. Mais ça m’est un peu égal. Non, ça m’est complètement égal. La Vie est évolution.

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Commentaires

13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

...
13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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23.07 | 22:55

Salut chef... Je viens de me souvenir de ce site comment vas tu ? Un petit mail pour avoir de tes nouvelles me ferait plaisir. Gros bisous du moustachu.

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13.06 | 17:25

eh be......

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