Rebonjour la Grèce

« Syriza »

Ce soir, il y a réunion électorale du parti grec de gauche en pleine ascension (pour ceux qui suivent, celui d’Alexis Tsipras). C’est la petite salle du café du port qui se prête au jeu. Les gens sont calmes, ils discutent par petits groupes, en citoyens bien élevés.

« C’est le seul parti à parler des gens d’en bas » m’a expliqué hier le président de l’association des pêcheurs. J’ai la sensation d’avoir déjà entendu ça quelque part. Comment les gens d’en bas, comme il dit, peuvent-ils encore croire à ces bobards après des années d’expérience de volte-face et retournements de vestes dès que le fauteuil est assuré ? L’humanité grandira-t-elle un jour ? Ceci dit, la naïveté est parfois touchante. Et porteuse d’espoir sans doute.

Quand le premier orateur prend la parole, avec une heure de retard bien sûr, on se croirait à un mariage. Il y a à boire et à manger sur les tables. La serveuse s’active en silence. J’entends beaucoup parler de démocratie, d’Europe, d’Allemagne, de Bulgarie. Visiblement, l’ennemi est désigné. L’orateur soporifique des premières phrases s’éveille au fil de ses colères. Mais cela ne le transforme tout de même pas en tribun magnifique. Tout cela reste calme et bien élevé, malgré les mots que j’entends en vrac sans avoir besoin d’interprète : « catastrofi », « crisis », « provlima »…

Un « collègue » journaliste correspondant local, arpente le trottoir les mains dans les poches, sans prendre de notes. Pour l’avoir déjà croisé dans des nuits à la Kessel au Pussy Cat Bar, je connais sa désespérance profonde. Je ne doute pas que son article cynique soit déjà prêt pour l’édition de demain. « Démocratia, c’est la nouvelle religion » me dit l’hôtesse en confidence. Son ton ironique et désenchanté n’augure pas non plus d’une adhésion sincère à ce mode de gouvernement pourtant inventé par ses ancêtres !...

Cette voix un peu ronronnante au cœur d’une taverne portuaire a quelque chose d’incantatoire.  Le décor de crèche éclairée du village, la brise légère qui fait onduler les pavillons aux mâts des bateaux, la paix habituelle aux quais quand la nuit est tombée – et ce soir, nous jouissons d’une pleine lune étonnante –, la simplicité toute spartiate de l’accueil et de la mise en scène, un micro, un drapeau, me renvoient par contraste aux débauches hollywoodiennes de nos pseudos leaders. Que je considérais déjà depuis longtemps comme des marionnettes clownesques, mais là, je confirme.

 

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Commentaires

01.10 | 16:45

Eh bien oui je pense comme toi mais ce n'est pas la vraie vie nous sommes dans un jeu vidéo .....c'est sur

...
16.08 | 09:08

intéressant ; ça me parle. Abientôt.

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13.08 | 12:04

Voilà voilà ! Le temps file trop vite ici que veux-tu ! Mais je ne vous oublie pas. Bises à tous.

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13.08 | 00:59

Rien de nouveau à lire? Notre plumé est en vacance?...........bon ben attendons.....

Bise à te lire bientot.

Patrick

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